Les perturbateurs endocriniens, regroupant de nombreux polluants ou substances chimiques naturelles, peuvent faire peur quand on connaît toutes leurs conséquences néfastes sur la santé. Meersens vous explique tout sur ces polluants très particuliers mais surtout vous donne les clés pour limiter vos expositions et celles de vos proches afin de protéger votre santé et celles de vos descendants

Temps de lecture : 10 minutes

 

Un perturbateur endocrinien qu’est-ce que c’est exactement ? 

Les perturbateurs endocriniens, tout le monde connait ce terme, mais n’est pas toujours clair sur les substances incriminées. Un perturbateur endocrinien est une substance chimique d’origine naturelle (présente dans les plantes par exemple) ou artificielle (créée par l’homme) étrangère à l’organisme et qui peut interférer avec le fonctionnement du système endocrinien et induire des effets délétères sur un individu ou même ses descendants !

La question qui vient ensuite est : Qu’est-ce que le système endocrinien ? Derrière cette appellation se cache un groupement d’organes qui ont une fonction dans la production d’hormone et sont donc responsables du contrôle et de la coordination de nombreuses fonctions corporelles (croissance, développement, reproduction, métabolisme, réponse à l’environnement et au stress…). Les organes principaux qui produisent des hormones sont localisés aussi bien dans le cerveau (glande pinéale, hypothalamus, hypophyse) la partie supérieure du corps (thyroïde, thymus,) que le ventre ou le bas ventre (pancréas, glandes surrénales, ovaires, testicules). Les tissus adipeux permettent aussi la production d’hormones.

Le système endocrinien (source : institut national du cancer)

Maintenant que l’on comprend mieux le rôle du système endocrinien, il est nécessaire de s’intéresser un peu aux hormones pour comprendre pourquoi les perturbateurs endocriniens ne sont pas des polluants comme les autres. Les hormones sont produites par les organes endocriniens puis sont sécrétées dans le sang pour agir comme des messagers chimiques. Elles dirigent donc la communication et la coordination entre les autres tissus et organes de l’organisme.

Pour illustrer la situation prenons l’exemple du fonctionnement d’un grand restaurant. Imaginons qu’un concurrent mal attentionné se fasse passer pour un serveur et décide de changer le contenu des commandes des clients ou qu’il empêche les serveurs de transmettre les commandes aux cuisiniers ou même qu’un serveur donne, suite à une information erronée, un plat au mauvais client (allergique aux ingrédients présents dans le nouveau plat) cela crée une pagaille sans précédent. A l’instar du faux serveur, les perturbateurs endocriniens vont agir de la sorte dans l’organisme.

Les impacts des perturbateurs endocriniens sur l’organisme

Les perturbateurs endocriniens peuvent agir de plusieurs manières :

  • En imitant l’action d’une hormone naturelle ;
  • En se fixant sur les récepteurs des hormones naturelles ;
  • En gênant ou en bloquant le mécanisme de production ou de régulation des hormones ou des récepteurs, modifiant ainsi les concentrations d’hormones présentes dans l’organisme.

Exemple de toutes les actions que peuvent avoir les perturbateurs endocriniens sur l’organisme

De plus, pour la plupart des polluants, il est dit : c’est la dose qui fait le poison. Or cela n’est pas le cas avec les perturbateurs endocriniens. En effet, ils peuvent avoir de lourdes conséquences à très faible dose et moins d’impact à plus forte dose ; leur action peut être potentialisée ou diminuée suivant les interactions avec d’autres perturbateurs endocriniens ou polluants. Pas facile d’étudier l’action des perturbateurs endocriniens me direz-vous ! Vous avez raison et pour complexifier encore un peu plus les choses, certains perturbateurs endocriniens n’auront pas d’effet sur la personne qui a pris le perturbateur endocrinien (par exemple sous forme de médicament) mais auront un effet sur sa descendance (enfant en contact direct avec la substance lors de la grossesse mais aussi les petits enfants qui eux n’ont jamais été en contact direct avec la substance).

Les perturbateurs endocriniens peuvent être à l’origine de nombreux problèmes : problèmes de croissance, de développement, de reproduction, trouble de la fertilité, dysfonctionnement cérébraux, trouble métabolique, suppression immunitaire, réponse inflammatoire…Plusieurs perturbateurs endocriniens sont aussi suspectés dans l’apparition de cancers hormonaux-dépendants (cancer du sein, de l’utérus, de la prostate et des testicules). Un perturbateur endocrinien peut être à l’origine de problèmes diverses.

Pathologies liées à une exposition aux perturbateurs endocriniens pendant les périodes de vulnérabilité (source INRS)

Il est à noter que les perturbateurs endocriniens peuvent s’accumuler dans le corps notamment dans les tissus adipeux. Il a été démontré qu’une perte de masse grasse rapide entraîne le relargage de ces substances dans l’organisme.

Une vulnérabilité variable au cours de la vie

Au cours des différentes fenêtres de vie (conception, enfance, adolescence, adulte (période de reproduction) et vieillesse un même perturbateur endocrinien n’aura pas le même impact. Il existe des périodes dites critiques de développement (in utero, lactation, puberté, grossesse…) où l’exposition à un perturbateur endocrinien aura plus d’effet sur la santé car ce sont des périodes où les hormones jouent un rôle essentiel (croissance, développement, reproduction…)

Périodes de vulnérabilité aux perturbateurs endocriniens des principaux organes et systèmes chez l’Homme (Source : INRS)

Au cours de la grossesse l’exposition à des perturbateurs endocriniens peuvent avoir des conséquences sur l’enfant à naître. Cela varie aussi selon les fenêtres d’exposition

Fenêtre d’exposition au cours d’une grossesse et impacts potentiels (source : Béranger R. 2017)

Maintenant que vous êtes au fait des impacts sur la santé pendant les périodes critiques, où il faut être particulièrement vigilant pour limiter au maximum ses expositions où ceux de ses proches, il est temps de se familiariser plus en détail avec les différents perturbateurs endocriniens afin de mettre en place des stratégies pour les éviter.

Les différents perturbateurs endocriniens

Il faut distinguer 3 sources :

  • Les substances produites intentionnellement pour leur effet hormonal (hormones de synthèse). Par exemple les pilules contraceptives
  • Les substances chimiques de synthèse fabriquées avec des objectifs variés, sans que l’effet sur le système hormonal ait été recherché. Par exemple, les pesticides organochlorés, certains plastifiants (bisphénol A, certains phtalates), des dioxines ou apparentés (polychlorobiphényles, PCB), des hydrocarbures aromatiques polycycliques (HAP), des retardateurs de flamme (PBDE), etc.
  • Les composés naturels présents dans une grande variété de plantes (les phyto-estrogènes dans le soja par exemple, ou certaines molécules présentes dans les huiles essentielles)

Ainsi on retrouve des perturbateurs endocriniens partout (les meubles, les habits, les cosmétiques, l’air, l’eau, l’alimentation, certains produits industriels comme les médicaments ou produits phytosanitaires…)

Quelques perturbateurs endocriniens bien documentés et connus :

  • Le bisphénol A (BPA) : on le retrouve dans les plastiques ainsi que des contenants (pouvant contenir de la nourriture)
  • Les dioxines : ce sont des sous-produits des incinérateurs de déchets, on les retrouve aussi dans des herbicides et dans l’industrie du blanchiment de papier
  • Perchlorate : on peut le retrouver dans l’eau courante mais à ce jour aucun effet non réversible n’a été montré sur l’homme
  • Les substances perfluoroalkyle et polyfluoroalkyle (PFAS) : on les retrouves dans l’anti-adhésifs, mousse anti-feu, revêtement habits, tapis…
  • Les retardateurs de flammes bromés (PBDE) : ils représentent 30% des retardateurs de flammes utilisés (pour les textiles, les meubles, jouets…)
  • Biphényles polychlorés (polychlorobiphényles) (PCB) : ils sont présents dans les aliments d’origine animale ; ce sont des polluant organiques persistants (POP) dans l’environnement
  • Le triclosan (action antibactérienne) et les parabènes à longue chaîne (propyl et butyl parabènes qui sont utilisés comme conservateur) : présents dans les cosmétiques, gel antibactérien…
  • BHA, BHT : aussi présents dans les cosmétiques et autres produits de la vie courante

Il en existe de nombreux autres qui ne sont pas cités ici. La liste TEDX les recense.  De nouvelles substances sont investiguées afin de les classer ou non dans cette liste. Le résorcinol que l’on retrouve dans la colle, les pneus, les cosmétiques, les teintures… a été identifiée comme substance extrêmement préoccupante (SVHC) par l’ANSES.

Mon environnement proche et les perturbateurs endocriniens 

Pour diminuer son risque d’exposition la première chose est d’identifier les lieux ou les objets pouvant induire une exposition aux perturbateurs endocriniens.

Comme indiqué on peut retrouver les perturbateurs endocriniens dans :

  • La salle de bain : les cosmétiques et les produits d’hygiènes manquent parfois de beauté
  • La chambre à coucher : l’air intérieur pas toujours sain (attention au meuble, déco et certains soi-disant « purifiants »
  • La cuisine : les poêles antiadhésives, ustensiles, contenants (attention ils ne se valent pas tous)
  • Son assiette : malheureusement il arrive que des perturbateurs endocriniens se retrouvent dans les aliments (naturellement présents, migration des emballages ou présence de pesticides à risque)
  • La garde-robe et la salle de jeu : pas d’habits sans chimie !

(Source : institut national du cancer)

Cela peut faire peur car ils sont présents au quotidien mais des gestes et habitudes simples existent pour réduire son exposition notamment si vous êtes ou certains de vos proches sont dans une fenêtre de vie vulnérable.

Comment diminuer les risques d’exposition aux perturbateurs endocriniens ?

Pour réduire son exposition voici quelques conseils :

Dans sa salle de bain : utiliser les cosmétiques avec parcimonie et privilégier ceux avec peu d’ingrédients. Les cosmétiques avec la certification Cosmétiques biologiques peuvent être une solution pour éviter les perturbateurs endocriniens les plus à risque. Se nourrir sainement et bien s’hydrater est le premier pas à faire pour avoir une belle peau pas besoin de 15 crèmes. Pour l’hydratation de la peau si cela est nécessaire les huiles végétales sont une solution. Pour les bébés bannissez tous les produits parfumés et les crèmes, un liniment et un savon ou gel sans savon suivant le type de peau du bébé sont les seuls produits vraiment nécessaires.

La chambre : Aérer le domicile tous les jours même en hiver. Limiter les achats de produits aux émanations toxiques (oubliez les meubles Ikea et autres décorations toxiques). Remplacer les détergents par des produits ménagers non toxiques (vinaigre blanc, bicarbonates, savon, citron…)

La cuisine : ne pas réchauffer les aliments dans du plastique mais plutôt dans du verre ou de la faïence.  Privilégier les casseroles et poêles en fonte ou Inox plutôt qu’en Teflon (surtout s’il est rayé ou abîmé). Stocker vos aliments secs (pâtes, riz, semoules, légumes secs, graines, oléagineux…) dans des bocaux en verre dans l’obscurité plutôt que les laisser dans leurs emballages en carton ou plastique. Préférez une bouilloire ne verre plutôt qu’en plastique. Méfiez-vous de la mode de la vaisselle en bambou des substances toxiques pourraient migrer dans les aliments.

Dans son assiette : évitez les plats préparés. Mangez le plus diversifié possible et ne consommez pas plus d’un poisson gras par semaine si vous êtes enceinte (ces poissons présentent des concentrations de polluants et perturbateurs endocriniens élevées). Privilégier les produits frais sans pesticides. Laver les légumes et fruits avant consommation. Pour savoir si l’eau du robinet ne présente pas de risques, rien de plus simple, utiliser l’application mobile Meersens.

La garde-robe et jouet : les traitements utilisés sur les textiles présentent surtout un potentiel risque pour les bébés. Premier conseil qui réjouira votre porte-monnaie, il faut favoriser des vêtements d’occasion (déjà utilisés) car les multiples lavages permettent de réduire la quantité de substances chimiques ; Laver les vêtements neufs, peluches, coussins, doudou, couverture avant toute première utilisation. Pour les bodies directement en contact avec la peau de bébé, il existe des écolabels qui interdisent la plupart des produits chimiques (voir article bébé Meersens). Concernant les jouets votre porte-monnaie va peut-être moins aimer mais il est mieux de favoriser des jouets récents car le secteur du jouet est très réglementé avec des interdictions de matériaux dangereux qui s’accumulent !

Finissons avec une bonne nouvelle : le corps a naturellement la capacité d’éliminer les molécules toxiques. Des études ont permis de constater que l’arrêt de l’exposition aux perturbateurs endocriniens (arrêt des cosmétiques, changement d’alimentation…) se traduit par une diminution de leur présence dans les urines. Bien sûr toutes les molécules toxiques ne sont pas toujours éliminées certaines sont mêmes stockées dans les tissus adipeux, il est donc important d’essayer de réduire son exposition. Lors de la grossesse en évitant d’être carencé en iode cela permet de réduire les risques d’action de certains perturbateurs endocriniens sur la thyroïde. On retrouve l’iode naturellement dans l’alimentation (sel iodé, poissons, fruits de mer, certains fromages ou produits laitiers ainsi que les œufs). 

EN QUOI MEERSENS PEUT M’AIDER ? 

Pour réduire les risques présents dans votre environnement (pollution de l’air, bruit, ondes, qualité de l’alimentation et de l’eau) l’application Meersens permet de vous aider et vous donne tous les bons conseils et gestes pour protéger votre santé et celle de vos proches.

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